7 mars 2008

Sélection de WWOOF

Ça y est, la sélection des fermes de WWOOF est terminée. Je suis parti des 441 fermes répertoriées dans le livret, pour arriver à une liste de 51 fermes correspondant à mes critères.

J'aurai mis quelques semaines pour faire ce tri, mais j'ai préféré prendre le temps pour le faire (rien ne me pressait), et puis d'autre part j'ai essayé de rechercher le maximum d'infos sur internet avant de sélectionner ou non une ferme : donc je vous laisse imaginer le temps que ça prend...

Vous devez vous dire : mais il est dingue ???!!! Et oui c'est bien possible, mais il faut savoir qu'on trouve un peu de tout dans le livret wwoof. Certains lieux ne sont pas vraiment des fermes mais plutôt des personnes qui possèdent un grand jardin et quelques animaux et qui aiment recevoir des personnes de différents horizons... C'est sympa pour ceux qui veulent faire un peu de tourisme, mais ça ne correspond pas tout à fait à ce que je recherche... Donc pour éviter les mauvaises surprises autant prendre le temps de bien lire entre les lignes des annonces et prendre quelques précautions supplémentaires en recherchant quelques infos de plus sur internet. C'est en tout cas ce que j'ai fait, et voilà le résultat de ma sélection :

Au final j'ai essayé de classer les fermes choisies par thématique :
- 24 en maraîchage avec vente directe
- 8 en chèvres/brebis lait avec transformation (fromages, yaourts...)
- 5 en productions diverses (ex : maraichage + fromages de chèvre + pain)
- 5 en permaculture
- 3 en petits fruits avec transformation (confitures, sirops, etc...)
- 3 en PAM (Plantes Aromatiques et Médicinales)
- 2 en apiculture
- 1 en production de semences


Bien sûr, il est évident que je ne vais pas me rendre sur toutes ces fermes !!

Le but c'est de wwoofer entre début juin et fin novembre, c'est à dire environ 24 semaines :
- 8 semaines pour l'apiculture, les petits fruits, les PAM et les semences
- 16 semaines pour le maraîchage, la permaculture, les chèvres avec transformation et les fermes en productions diverses (que j'ai intitulé "poly-activités" sur la carte).

En tout cas, ce qui est flagrant c'est que l'été et l'automne prochains il faudra plutôt me chercher dans la moitié Sud de la France !!!

27 février 2008

L'agriculture : un secteur stratégique pour notre avenir

Ça fait un petit moment que je me pose des questions à ce sujet et que je me dis que l'agriculture sera un des secteurs stratégiques à l'avenir. Au départ de ma réflexion j'étais un peu sceptique de peur de me tromper, mais aujourd'hui j'en suis de plus en plus convaincu. Et je ne suis pas le seul, l'idée commence à être admise et cela pour plusieurs raisons :

La première raison est d'ordre économique : On le voit bien, le prix des matières premières agricoles ne cesse d'augmenter. Or, dans un modèle agricole basé sur une somme irraisonnée d'intrants énergivores (engrais, pesticides, tracteurs de plus en plus gros, transports des produits, etc...), il est logique que les cours des matières premières suivent de très près le prix de l'énergie (pétrole). Et puisqu'on le sait tous que le prix de l'énergie ne cessera de grimper dans les prochaines années, il devient évident que si l'on persiste tel quel dans le modèle agricole actuel, les prix des aliments eux aussi continueront d'augmenter !!

La deuxième raison est d'ordre démographique : Là aussi c'est évident que la démographie mondiale va continuer à augmenter. On parle de 9 milliards d'habitants pour 2050, soit une fois et demie la population mondiale actuelle !! Il faudra bien les nourrir toutes ces personnes, et avec l'appétit des gros 4x4 américains alimentés en éthanol de maïs, la concurrence va être sévère entre nourrir des moteurs de voitures et des estomacs d'êtres humains !! D'ailleurs c'est aussi une des raisons de la hausse des prix des céréales...

La troisième raison est d'ordre écologique : Les terres cultivables ne sont pas extensibles à l'infinie, et aujourd'hui au lieu de protéger nos sols (garants de notre alimentation) on continue à les mettre à l'épreuve de l'érosion, de la désertification, de la concurrence avec l'urbanisation, etc... bref, en gros il faudra produire plus sur moins de surface et avec des terres de moins en moins cultivables !!

Donc le résultat de l'équation ne peut pas être plus logique que ça :
- les prix des aliments vont continuer à augmenter,
- et on espère que tout le monde pourra manger à sa faim !!

L'agriculture va devenir un secteur stratégique au même titre que l'énergie !! C'est une EVIDENCE. Le problème c'est que certaines entreprises mal intentionnées l'ont également compris et ont décidé de faire de "la faim une arme de destruction massive", comme le dit Jean Ziegler (rapporteur spécial de l'ONU pour le droit à l'alimentation). Car demain quiconque contrôlera le vivant, contrôlera une grande partie du monde. Il n'y a qu'à voir avec quelle force les multinationales de l'agrofourniture comme Monsanto, Syngenta, etc... (bien aidées par les politiques, il faut le dire!!) essaient de nous enchaîner en brevetant le vivant à coup d'OGM et de leurs saloperies de pesticides.

Face à tout ça, il est clair qu'on doit de se prendre en main et construire une alternative agricole à la fois efficace en terme de quantités et de qualité de production, mais aussi respectueuse de l'environnement.

L'encourageant dans toute cette histoire, c'est que je suis totalement convaincu que cette forme d'agriculture alternative est réalisable et qu'elle peut tout à fait nourrir le monde !! Il serait prétentieux d'en apporter des preuves concrètes puisqu'elle est loin d'exister à l'heure actuelle, mais de sérieuses pistes telles que l'agriculture biologique, l'agro-écologie, la permaculture, le BRF, etc... sont des exemples qu'il faut approfondir d'urgence et sur lesquels on devrait mettre le paquet en terme de recherche.

Pour compléter cet article :
vous pouvez avoir plus d'infos
en cliquant ici

14 janvier 2008

Et toi t'as trouvé ton AMAP ?

Ah les AMAP, on en entend de plus en plus parler !! Le concept commence à être bien connu du public, sans doute grâce à son fort développement en France ces dernières années...

Déjà pour la petite histoire, il faut savoir que l'idée nous vient du Japon où à l'époque, des mères de familles japonaises s’inquiètent de voir l’agriculture s’industrialiser avec un recours massif aux produits chimiques. Ces mères fondent alors en 1965 les premiers Teikei (en japonais « le visage du fermier est sur le produit »). Le principe de fonctionnement est le suivant : en échange de l’achat par souscription de la récolte du paysan, ce dernier s’engage à fournir des aliments cultivés sans produits chimiques.

On retrouve exactement la même idée au sein d'une AMAP, ou Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne. Il s'agit d'une association ayant pour but de favoriser la vente directe de produits locaux de saison, de participer à la préservation de l’environnement (les produits sont bio en général) et d’offrir un juste prix pour le consommateur et pour le producteur.

Concrètement, un groupe de consommacteurs s’engage, selon les besoins de chacun, à acheter chaque semaine à un prix fixe un panier issu de la production du ou des paysans (légumes, fruits, produits laitiers, pain, oeufs, viande, etc...). Ainsi, ça permet de réduire la consommation energétique liée aux transports, des liens sociaux se nouent au sein de l'AMAP, les consommateurs peuvent connaître précisément comment est produit ce qu'ils mangent et parfois découvrir certains légumes oubliés, le producteur trouve également plus agréable de travailler dans ces conditions que d’approvisionner des anonymes, etc...

Bref, je pense que si l'idée s'est si rapidement développée, c'est qu'il doit y avoir des tas d'avantages et de raisons !!

Pour en savoir plus sur les modes de fonctionnement, il y a même une charte qui a été rédigée par Alliance Provence : Charte des AMAP

Et pour plus d'infos et savoir si une AMAP existe près de chez soi, on peut se rendre sur ce petit site : http://alliancepec.free.fr

D'ailleurs la preuve que l'idée prend de plus en plus de poids et que le concept commence à s'enraciner durablement : URGENCI organise le 3ème colloque international sur les "Partenariats locaux solidaires entre producteurs et consommateurs" les 27, 28, 29 et 30 Janvier 2008 à Aubagne :
http://www.urgenci.net

Alors et toi t'as trouvé ton AMAP ??

7 janvier 2008

Story of Stuff : le bilan comptable de notre société

Avant d'aborder dans les prochains messages les solutions alternatives que nous pouvons et devons mettre en oeuvre pour changer le cours des choses, j'ai eu envie de vous mettre un dernier petit message qui fait un peu "un bilan comptable de notre société".

Et comme on dit : "mieux vaut un schéma, plutot qu'on long discours", donc je vous ai mis une vidéo qui explique tout ça de manière ultra-pédagogique !!

Après avoir vu ça, je peux vous assurer que même un Chaballou sortie du fond de sa caverne comprendrait qu'on fait totalement fausse route, et qu'on doit d'urgence revoir nos façons de vivre... alors on se demande encore pourquoi des gars qui ont fait l'ENA et autres grandes écoles se ramènent avec des discours tellement loin des évidences présentées ci-dessous.

Petite précision : la vidéo est tirée du site internet http://www.storyofstuff.com et est d'Annie Leonard, une experte américaine en développement durable. La vidéo est en anglais, mais très facilement compréhensible !!

Bon visionnage !!

Diffusion sous licence Creative Commons by-nc-nd 3.0








28 décembre 2007

On ne subit pas l'avenir, on le fait

Bien malin serait celui qui croit pouvoir prédire l'avenir !!
Bien que n'ayant pas lu le livre d'Attali (Une brève histoire de l'avenir), j'ai moi aussi ma petite idée sur le sujet. Et malheureusement, mes suppositions ne sont pas forcément plus joyeuses que cet ancien conseiller de Mitterrand, bizarrement reconverti auprès de qui vous savez.

En effet, qui ne s'inquièterait pas de l'avenir de nos jours : Baisse du pouvoir d'achat ? Problème des retraites ? Qui va gagner la 7ème Star'Ac ? Le PSG descendra-t-il en L2 ?? Non trève de plaisanteries, les sujets inquiétants sont bien plus graves et il faut largement dépasser le nombrilisme qui gouverne nos vies pour voir ce qui nous guette à l'horizon !!

Changement climatique
Sur ce point je crois que la communauté internationale est quasi unanime (sauf les attardés du genre Allègre et autres prophètes d'Exxon) : nous allons tout droit à la catastrophe !! Le GIEC a d'ailleurs parlé de "conséquences irréversibles" dans son dernier rapport de novembre 2007. En perspective, nous allons bientot avoir la malchance d'assister à des évênements climatiques majeurs : innondations, sécheresses, cyclones, etc..., montée du niveau des océans (ce qui entrainera des déplacements massifs de population), risques importants de mauvaises récoltes (ce fut le cas en 2007) et donc de famines, risques sanitaires et d'épidémies plus élevées, etc... etc... vous pouvez en savoir plus en cliquant ici.

Crise économique et sociale
Sur cet aspect les avis divergent, mais je vois de plus en plus d'économistes prévoir des risques élevés d'une crise économique et financière majeure qui précèdera forcément une crise sociale. Je ne vais pas m'étendre sur le sujet tant il serait possible d'en parler pendant des heures. Ce que je peux dire très brièvement et très schématiquement c'est que la crise actuelle des subprimes américains pourrait être le premier pilier du chateau de cartes de la finance mondiale à lacher. En effet, la FED se retrouve aujourd'hui en situation de stagflation !! Dès la parution de leurs comptes début 2008, certaines banques pourraient ne pas s'en remettre, ou tout du moins être très fragilisées. Il pourrait alors s'en suivre un jeu de dominos puisque aujourd'hui de nombreux secteurs sont interconnectés, et tout est globalisé !! Bref, de toute façon vu l'inertie actuelle des excès du libéralisme, il n'est pas étonnant de voir, tôt ou tard, tout s'écrouler. 1929 est bientôt à 80 ans derrière nous, et justement certains économistes parlent de cycles longs de 80 ans !! Alors 2009, année critique ?? Le GEAB parle de "rupture au cours de l'année 2008" !!!

Crise géopolitique et pénuries des ressources naturelles
Les ressources naturelles se raréfient, c'est une évidence !! En ce qui concerne le pétrole, on aurait franchi le peak oil en 2006, d'après l’institut allemand Energy Watch Group. Du côté des céréales, les stocks sont au plus bas depuis 25 ans !! Et puis ça fait depuis un petit moment que des tensions se font sentir en ce qui concerne les ressources énergétiques : on se souvient tous de la coupure de gaz en Ukraine (et indirectement en Europe) de la part de la Russie. D'ailleurs ça fait un moment que Poutine se frotte les mains et reprend du poids sur la scène international (élu homme de l'année par le Time !!) Il faut dire que la Russie est tranquille avec ses stocks de gaz, de pétrole, ses forêts... Le problème c'est qu'il n'est pas impossible que lorsque l'offre ne répondra plus à la demande, alors certains pays pourraient être tentés de prendre des ressources par la force et des conflits pourraient éclater !! Il n'y a qu'à voir ce que les américains sont allés faire en Irak pour en être convaincu...

Bref, je vais m'arrêter là sur ces tristes constats. Selon moi le plus urgent pour sauver les meubles de notre fameuse "maison qui brûle", serait une révision profonde et globale de nos modes de pensée... mais là je sens déjà que je vais me faire traiter d'utopiste. En tout cas, si on ne le fait pas, il parait quasi inévitable d'éviter l'écroulement du système dans lequel on vit actuellement...

C'est pourquoi nous pouvons et devons anticiper ces crises. Des solutions alternatives existent et les prochains articles sur ce blog en traiteront. Nous
commencerons par voir l'importance de développer l'autonomie des populations et la relocalisation de l'économie (AMAP par exemple).

18 décembre 2007

Non-assistance à humanité en danger

Au vu de l'actualité, j'ai pris la décision de relayer sur ce blog la déclaration poignante et tellement remplie de vérités de Corinne Lepage.
Bonne lecture à tous.

Les peuples de la Terre peuvent aujourd'hui accuser les gouvernants participants à la conférence de Bali, en fait, plus précisément ceux qui ont délibérément torpillé tout accord permettant de prendre date, sur des bases chiffrées, en vue d'un accord à Copenhague en 2009 prenant la suite de l'accord de Kyoto.

Ce qui vient de se passer apparaîtra très certainement dans les années qui viennent comme une preuve supplémentaire de l'égoïsme et de la cécité de ceux qui ont décidé de l'avenir du monde en fonction de leurs intérêts propres et immédiats.

En effet, les dernières conclusions du GIEC, qui pour la première fois parlent d'irréversibilité, les constatations d'ordre scientifique sur l'évolution du Groenland ou de l'Arctique, l'accumulation des preuves du changement climatique et du risque qu'il fait courir à l'humanité, permettant aujourd'hui de parler en ce qui concerne cette question d'application du principe de prévention et même plus du principe de précaution, les messages de détresse lancés par les populations de Papouasie et d'autres iles qui constituent les premiers réfugiés climatiques et qui ne peuvent déjà plus se nourrir normalement n'auraient pas dû laisser le moindre choix aux responsables réunis à Bali. Or, malgré les efforts du secrétaire général de l'ONU, malgré la position unitaire et ferme de l'Europe, cette réunion a accouché d'une demie souris. La seule avancée réelle concerne l'avancée du projet Reed dont l'objectif est de financer les pays du Sud pour qu'ils conservent leurs forêts ou reboisent .Il faut rappeler que la déforestation représente 27 % du total des émissions de CO2, soit plus que le transport et que la valeur de la forêt n'est pas seulement d'ordre écologique entame de séquestration de carbone mais également le lieu majeur de la biodiversité est un lieu de vie essentielle. La banque mondiale a consacré 208 millions d'euros à des projets pilote de surveillance ce qui est loin des 5 milliards de dollars auquel Nicolas Stern évaluait les moyens nécessaires à mettre en place. Une seconde avancée, plus modeste, consiste en la mise en place d'un fonds d'adaptation, sous la tutelle du fonds mondial pour l'environnement, destiné à financer des transferts de technologie. Pour le reste, l'obstruction américaine a plombé tout accord ce qui conduit à s'interroger sur le point de savoir qui gouverne vraiment le monde et quelles solutions on pourrait proposer pour mettre un terme au crime de non-assistance à humanité en danger.

Le blocage de George Bush sur le sujet du climat, contraire à la position de la Cour Suprême, mais qui trouve bien évidemment sa source dans la volonté de certaines sociétés pétrolières est un point central. Rappelons qu'Exxon a financé depuis des années le lobby de « la machine à nier », instrumentalisant des centaines de centres de recherche et d'association plus ou moins bidons dont l'objectif était identique : faire du changement climatique une hypothèse et non un fait. La proposition d'Al Gore de conclure un accord en laissant de côté les États-Unis avec comme objectif probable de stigmatiser cette attitude inadmissible mais ne permettait pas de faire réellement avancer la position internationale. En effet, les États-Unis ne sont pas seuls, malheureusement. Le Canada et l'Australie soutiennent une position très proche, pour des raisons d'intérêt économique immédiat cependant que les pays pétroliers et leurs alliés traditionnels ont toujours pris la position la plus favorable à l'or noir. Or, si l'on se place au niveau des résultats concrets, un accord a certes été trouvé mais sur la base de la position la plus faible c'est-à-dire celle qui ne contient aucun engagement précis. Lorsqu'on en est en effet à refuser de faire figurer les conclusions du GIEC autrement qu'en note de bas de page, pour être certain qu'aucun engagement concernant une réduction de 30 % des émissions de gaz à effet de serre en 2020 pour les pays industrialisés et de 50 % pour le monde entier en 2050 ne soient pris, il est clair que l'on est en présence d'un déni de réalité voire d'un cynisme poussé à l'extrême qui conduit a accepter, de mettre en péril ses propres enfants pour être certain de pouvoir soi-même accroître encore son propre confort.

Ce comportement est la négation même du politique dont la fonction , si elle existe, consiste précisément à organiser la vie de la cité pour lui permettre la pérennité. Cela signifie que la politique, au niveau international n'a strictement plus aucun sens, en ce qui concerne au moins un des périls majeurs qui menacent l'humanité. Cela signifie que les représentants des terriens, élus ou autoproclamés pour certains, font des choix qui s'inscrivent délibérément à l'encontre des intérêts premiers des populations qu'ils sont censés représentés. Cela signifie par conséquent que la représentation actuelle de la société internationale ne peut plus prétendre représenter les intérêts des femmes et des hommes présents et à venir, mais s'est soumise à d'autres maîtres du monde dont on se pose parfois la question de savoir s'ils ont encore conscience d'être des humains.

Dès lors c'est bien la question de la gouvernance mondiale lorsqu'il s'agit de questions planétaires qui intéressent tous les humains comme la question climatique qui est en cause. La faiblesse du conseil de sécurité de l'ONU est difficilement supportable lorsqu'il s'agit de guerre et de massacres impliquant des milliers, voire des centaines de milliers de personnes. Mais, elle ne l'est plus du tout lorsqu'il s'agit de la survie de l'humanité dans son ensemble. Cela signifie donc que c'est à la société civile de prendre son destin en main puisque ses responsables politiques ne sont pas capables de le faire pour elle...

Ce sont aux milliers d'associations de défense de l'environnement, de développement, de consommateurs, voire aux syndicats professionnels et au monde économique et financier dans la partie qui est demanderesse à une véritable révolution pour permettre la réorientation de l'économie, de s'organiser pour imposer le changement qui nous est refusé.

Nous avons l'ardente obligation de refuser l'attitude suicidaire que quelques dirigeants ont décidé d'adopter. A la non assistance à humanité en danger, nous devons répondre par la mobilisation de toutes les consciences et les volontés humaines
Corinne Lepage - 17/12/07

16 décembre 2007

La bioéconomie : élémen-Terre mon cher Watson !!

Kenneth Boulding a affirmé un jour : "Celui qui croit qu’une croissance infinie est compatible avec un monde fini, est un fou ou un économiste" (ou alors il s’appelle Jean-Marc Sylvestre, ndlr). Bon Ok, mais concrètement sur quoi se base-t-il pour pouvoir affirmer ça ? Essayons d'y voir plus clair...

Pour éviter de rentrer dans des discours interminables sur la croissance, l'économie, etc... le plus simple c'est de faire un petit schéma. Mais avant il faut qu'on sache sur quoi on va se baser pour faire ce schéma. Et c'est là où ont fait appel à notre ami Nicholas Georgescu-Roegen, père de la bioéconomie.

Georgescu-Roegen s'est penché sur la question depuis les années 70' (au passage, je conseille à tout le monde de lire son livre "La décroissance : entropie - écologie - économie"). Ce qu'il nous explique est très simple : tous les processus économiques sont basés sur des processus biologiques et physiques... (quoi de plus logique !!) Ces processus biologiques et physiques sont eux mêmes basés sur des consommations d'énergie et de matière. Et oui, tous nos besoins matériels et nos activités ne peuvent être couverts sans une consommation d'énergie et de matière : notre nourriture, notre chauffage, nos déplacements, etc...

Prenons le cas de l'énergie. Logiquement, la question qui suit c'est : "Mais d'où vient cette énergie et en a-t-on en quantité suffisante pour pérenniser nos vies, et nos activités ??" pour répondre à cette question, on peut à présent faire un petit schéma qui reprend les sources énergétiques qu'on a à notre disposition :


Q= Quantité de chaleur conventionnelle = 1018 BTU
BTU = British Thermal Unit = 1,06 kJ


- Tout d'abord on observe qu'il existe 3 sources d'énergie (mais on va mettre de côté les énergies marémotrice et géothermique car on peut les considérer comme négligeables).

- La deuxième remarque à faire, c'est qu'on s'aperçoit que l'énergie solaire est un flux continu alors les énergies fossiles sont une dot. Donc d'un côté on a une source quasi inépuisable avec un ENORME débit et qu'on reçoit en continu (schématisée par un robinet), et de l'autre on a une toute petite ressource limitée comparable à un simple jerrican d'essence.

Et aujourd'hui tous les processus économiques, c'est à dire toutes nos activités, sont quasi-exclusivement basés sur un simple jerrican qu'on pompe à grands coups depuis 50 ans et qui est sur le point de s'épuiser !!!! Donc là après avoir vu ça, j'attend avec impatience l'économiste qui essaiera de nous raconter qu'une croissance infinie telle qu'on la pratique aujourd'hui est possible !!

Bien sûr j'entends déjà quelqu'un me dire : "mais si on basait toutes nos activités sur le flux énergétique solaire, vu la marge qu'il existe entre nos consommations (O,2 Q) et le rayonnement solaire utilisable (2650 Q)... on pourrait alors se retrouver dans une configuration intéressante pour continuer sous la logique économique de croissance ??" Oui, d'un point de vue énergétique, il faut absolument déplacer notre consommation énergétique vers le flux solaire, mais ensuite ce qu'il faut savoir, c'est que dans ce que je viens d'expliquer j'ai mis de côté le fait que nos activités sont aussi basées sur une consommation de matière. Or de ce côté là il n'exite pas de source illimitée. Tous les métaux, minéraux, etc.. ne proviennent que de la dot terrestre qui, elle, reste limitée !! De plus l'énergie solaire n'est pas si simple à capturer... elle arrive sur notre planète sous forme d'un brouillard super fin duquel on essaierait de capter l'énergie cinétique des micro-goutelettes...

Bref, en conclusion "Celui qui croit qu’une croissance infinie est compatible avec un monde fini, est bien un fou ou un économiste" (ou alors il s’appelle toujours Jean-Marc Sylvestre, ndlr). Nous vivons dans un monde aux ressources finies et dont on approche de plus en plus les limites !!

Donc c'est mathématique, il n'y a que deux solutions à l'équation : soit on est moins nombreux à consommer, soit chacun consomme moins !!

Dans le premier cas, ça implique une réduction drastique de la population mondiale. Mais vu qu'on n'est pas parti dans cette direction, il ne nous reste plus que la deuxième solution : la sobriété. Donc soyons responsables : Consommons peu, consommons bien !! C'est tout à fait possible, des solutions innovantes existent sans devoir revenir à la bougie !!
Comment faire ?? : la suite au cours des prochains épisodes...

14 décembre 2007

Goutte après goutte, l'océan se forme

Comme je le disais précédemment avec le conte du colibri, il n'y a pas de petits gestes lorsqu'on est des millions à les faire... L'effet nombre permet de démultiplier les efforts, et surtout les retombées. Tous les jours, des gouttes d'eau s'assemblent jusqu'à former les océans. Si nous voulons que les choses changent, il est de notre devoir de faire naître ces millions de gouttes alternatives qui viendront alimenter l'océan du changement.

C'est cette prise de conscience du pouvoir que nous avons de créer le changement qui m'a incité à "me bouger". Ca fait par exemple plus d'un an que je m'investis dans une association Artisans du Monde (1er réseau du commerce équitable en France avec près de 6 000 bénévoles). Je participe à la vie de l'association locale d'Alençon sous diverses formes (élu au conseil d'administration, ventes des produits en boutique et sur des marchés, création du site internet (http://artisansdumonde61.free.fr), mise en place de chèques cadeaux, développement d'un partenariat avec une AMAP, etc...). Toutes ces micros goutelettes créées s'ajoutent à celles des autres bénévoles et permettent petit à petit de sensibiliser les personnes à l'importance d'un commerce plus juste et au droit à tous de connaître une vie plus respectueuse. Et on le voit bien, les personnes sont réceptives à ces messages !!

Au moment de conclure cette expérience pour me concentrer beaucoup plus sur mon projet de wwoof, quelques réflexions me viennent à l'esprit. Pour commencer, je dirai que cette expérience fut vraiment riche en enseignements très divers (fonctionnement d'une boutique, d'une association, du commerce équitable en France et dans le monde, des AMAP, création d'un site internet...). Mais surtout, je me suis rendu compte qu'AGIR ce n'est pas plus compliqué que ça. Il suffit d'avoir un minimum de volonté et d'énergie... donc rien de bien exceptionnel finalement.

Pourtant souvent, il me semble qu'agir reste du domaine de l'exceptionnel. J'ai l'impression que la plupart des personnes qui m'entourent se disent "oui tu as raison, on vit vraiment dans un monde qui ne tourne pas rond"... et puis si tôt dit, si tôt oublié !! la consternation revient au galop : "oui mais c'est comme ça... j'y peux rien, je suis pas responsable... et finalement c'est pas si terrible que ça puisque je vis dans le confort, donc finalement peut être que ce monde me va. Et puis de toute façon je vois pas ce que je pourrais faire ?!"

C'est incroyable ce que je ressens en entendant ça... et le pire c'est que parfois je sens un soupçon de mépris chez ces mêmes personnes : "tu sais, ça sert pas à grand chose ce que tu fais, tu ne fais que donner des coups d'épée dans l'eau...". Mais comment on peut dire des choses pareils ?? Je ne comprends pas cet état d'esprit qui ne fait que décourager ceux qui se bougent, alors qu'on aurait tellement besoin de l'inverse... Et puis comment peut-on partir vaincu sans s'être donné la peine d'avoir essayé ??
Pourtant, n'oublions jamais que "qui ne dit mot, consent..."

12 décembre 2007

Le colibri fait sa part... et toi ?

Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’active, allant chercher quelques gouttes d’eau dans son bec pour les jeter sur le feu.

Au bout d’un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ?! Tu ne crois tout de même pas que c’est avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ?! »

Le colibri lui répondit alors : « Je sais, mais je fais ma part ».

Telle est notre responsabilité à l’égard du monde qui nous entoure. Il devient urgent d'en prendre conscience et de se rendre compte que nous ne sommes pas impuissants.

Agissons aujourd'hui et les jours suivants... Faisons chacun notre part, « il n'y a pas de petit geste si nous sommes des millions à le faire »

30 septembre 2007

And the winner is...

Eh oui après avoir épluché le livret WWOOF France en long et en large et effectué moultes calculs mathématiques, il s'avère que c'est bien le Sud qui remporte la palme avec les départements recensant le plus de fermes hôtes !! Dans l'ordre, nous avons donc l'Ariège largement en tête, suivie de l'Aude et la Dordogne.
Les Alpes-maritimes, l'Ardèche et les Pyrénées orientales se défendent également très bien !!

Quel dommage........ !! Et moi qui rêvait pourtant d'aller wwoofer là où il n'y a Pas de Calais !!!



Finalement, en voyant cette carte, je me dis que ça pourrait être pire. Cette fois je crois que tous les élements sont réunis pour faire de ce projet, une expérience de WWOOF !!

En tout cas c'est décidé, je pars dès la fin de mon contrat : départ prévu pour juin 2008. L'échauffement se fera donc en France. Mais les choses sérieuses pourraient se poursuivre dans l'hémisphère sud... ?? tout est possible, affaire à suivre...

29 septembre 2007

Livret-zon express

Etant donné que maintenant vous connaissez par coeur les principes et les idées qui se cachent derrière le WWOOFing vous êtes en droit de vous demander "Mais comment c'est-y qu'on fait pour wwoofer bindioouuu ??"

Alors tout d'abord il faut savoir qu'il existe de nombreux pays dans le monde où l'on peut wwoofer et que le nombre de fermes hôtes varie d'un pays à l'autre. Les pays possédant le plus de fermes sont l'Australie, la Nouvelle-Zélande, le Canada, les USA, la Grande Bretagne, l'Allemagne, la France, le Japon, l'Italie, l'Autriche, l'Espagne, etc...

Il existe une organisation internationale : www.wwoofinternational.org et le plus souvent des organisations nationales (WWOOF France, WWOOF Allemagne, etc...). Néanmoins, certains pays ont peu de fermes hôtes et n'ont pas forcément d'organisation nationale. Celles-ci sont alors regroupées dans l'organisation WWOOF indépendants.

Une fois choisi le pays où l'on veut wwoofer, il suffit de trouver le site internet de l'organisation et de commander le livret contenant le descriptif des fermes hôtes du pays en question. Cet annuaire des fermes coûte en moyenne entre 10 et 40 euros selon le pays.

Ensuite il suffit de contacter un hôte et de voir avec lui s'il a besoin d'aide sur sa ferme et si oui, quelles sont les conditions d'accueil, les travaux, etc... Le tout fonctionnant sur un accord entre le wwoofeur et l'hôte. Il est donc important de bien se mettre d'accord avant d'arriver sur la ferme et alors tout devrait bien se passer !! Conclusion : C'est pas bien compliqué !!

Par exemple pour wwoofer en France, je me suis tout simplement rendu sur le site internet www.wwoof.fr et j'ai envoyé un chèque de 20 euros à l'adresse indiquée. J'ai posté ma lettre le vendredi, et j'ai reçu mon livret le mardi suivant !!! Un grand bravo à l'équipe WWOOF France pour la rapidité de réponse !! Chez moi on appelle ça une livret-zon express...

25 septembre 2007

Un truc de WWOOF ??!!!

Le WWOOF ??? C'est quoi ce truc ??

Et nooon m'sieurs dames, ce n'est ni une secte, ni une race de chiens génétiquement modifiée, ni quoi qu'est-ce d'autre. En fait, j'ai découvert ce système grâce à une amie "alleumandeuh" il y a quelques années.

Après en avoir discuté avec plusieurs personnes et puis avoir visité divers blogs présentant des expériences... je peux dire, sans prendre trop de risques, qu'à en croire ceux qui l'ont pratiqué, ce système a vraiment l'air d'être supracali-truc-bidule-chose (mais si, tu sais, le truc que dit tout le temps Mary Poppins) !!

Mais alors, me direz vous, qu'est-ce donc ce machin chose génial ?? Ok, alors pour la définition officielle : WWOOF vient de l'anglais World-Wide Opportunities on Organic Farms ou Willing Workers on Organic Farms, ce qui se traduit en français par "Travailleurs volontaires dans les fermes bio".

Bon vous allez me dire qu'il y a pas de quoi fouetter un chat australien coincé en pleine forêt amazonienne avec un taux d'humidité de 112%, mais en fait si !!

Le principe est simple : on se rend sur une ferme bio et on offre ses petits bras remplis de muscles quelques heures par jour. En échange on est nourri, logé, blanchi et on apprend des tas de choses en compagnie de nos hôtes. En général les personnes qui nous reçoivent sont très ouvertes et si l'on sait faire preuve de dynamisme et de volonté, ça se passe très bien. Voilà, donc pour résumer c'est super simple et très enrichissant. Ca peut ressembler à un système de compagnonage sous certains aspects... mais sans jamais aucun échange d'argent car un des buts est aussi de s'enrichir en rapports humains, donc no money !!

En plus la cerise sur le gateau, car il y en a une !! C'est qu'il existe tout un réseau au niveau mondial !! Donc là en lisant ça, ça doit faire TILT ?? vous pensez à la même chose que moi, nan ?? Oui, oui, oui c'est aussi un excellent moyen de voyager à faible coût, et en totale immersion chez la population locale !! Des souvenirs inoubliables en perspective...

Alors c'est un truc de WWOOF, nan ??? Bon, j'espère bien pouvoir vous le confirmer dans quelques mois... Mais d'ici là, commençons par les préparatifs, et autres formalités...